Rencontre avec Angèle : le vélo comme nouveau souffle

Interview / Portrait

À 23 ans, Angèle ne fait pas les choses à moitié. Installée à Annecy et travaillant dans la finance, cette passionnée de sports outdoor a ajouté une nouvelle dimension à sa pratique en enfourchant un vélo de Gravel il y a tout juste un an. Elle grimpe les cols de sa région avec une détermination rafraîchissante. Pour ekstere, elle revient sur ses débuts, ses craintes et son amour de l'aventure. 

Qu’est-ce qui t’a poussée à te mettre au vélo ? 

Même si mon copain pratiquait déjà le VTT, c’est avant tout mon goût pour les sports outdoor qui m'a guidée. Je fais beaucoup de trail, de ski et de sport outdoor, mais je me lasse assez vite. J’avais envie de varier ma pratique. J’ai eu envie de tester le vélo, alors je me suis dit : Allez go, on s'y met ! J'ai demandé un vélo pour Noël et j'ai adoré tout de suite.

Comment s'est passé ton tout premier trajet ? 

Pour être honnête, ce n'était pas forcément la meilleure idée du siècle : j'ai attaqué direct par un col, le col du Granier ! Je pensais que comme je suis sportive, ça passerait tout seul, mais le vélo est un sport totalement différent. J'ai bien galéré, d'autant qu'il faisait froid puisque c'était l'hiver. Sur le moment, je me suis dit plus jamais, mais j'ai attendu le printemps et je ne l'ai plus lâché.

Tu as commencé avec un Gravel. Pourquoi avoir choisi ce type de vélo plutôt qu'un pur route ? 

C’était pour la polyvalence. On avait pour projet de partir en bikepacking avec mon copain, donc le Gravel était le choix logique. Et puis, pour débuter, la position est quand même plus confortable. Aujourd'hui, je me rends compte que je fais surtout de la route avec, donc j’ai en tête un vélo de route spécifique pour gagner en rendement, mais le Gravel reste une super porte d'entrée.

« Je ne voulais pas louer pour tester, j'ai dit : "Allez go, j'en veux un". Quand je commence un truc, je le fais à fond. »

Quelles étaient tes principales craintes avant de te lancer ? 

Ce qui me faisait peur, c’est clairement la cohabitation avec les automobilistes. On se sent vulnérable. Il y avait aussi la vitesse en descente : si on tombe, ça ne pardonne pas trop. Par contre, je n'avais aucune appréhension physique. Je savais qu'au départ c'est dur, mais qu'on progresse vite.

Le cyclisme est un milieu encore très masculin. Avais-tu des appréhensions spécifiques liées au fait d'être une femme ? 

Non, je ne me suis jamais vraiment posé la question. C’est avec l’usage qu’on réalise que les vélos sont souvent pensés par et pour les hommes. Au début, j'avais quelques douleurs, mais je mettais ça sur le compte du manque d'habitude plutôt que sur l'ergonomie féminine du matériel. Aujourd'hui, je me dis que plus on sera nombreuses, plus les marques s'adapteront à nous. 

Quelle est la plus grosse erreur de débutante que tu aies commise ? 

Mettre une culotte sous le cuissard ! C’est l’erreur classique, mais il ne faut jamais faire ça. Ça crée des frottements et ça fait super mal. C’est le conseil numéro un que je donnerais à tout le monde. 

Quelle est ta sortie la plus marquante ? 

On (avec son copain) est partis de Saint-Jean-de-Maurienne pour enchaîner la Croix-de-Fer, le Lautaret et le Galibier. C’était long, c’était dur, on a passé 10 heures sur le vélo, mais j’étais tellement fière à l’arrivée. On n'était pas dans la performance pure, on s'est même arrêtés manger un bon burger à midi. C’était vraiment une journée de rêve.

Pour finir, quel message aurais-tu envie de faire passer aux femmes qui hésitent encore à sauter le pas ? 

Il ne faut pas avoir peur. Même si c'est un sport dominé par les hommes, on y a totalement notre place. Plus on sera visibles, plus le milieu évoluera. Allez-y progressivement, persévérez même si les premières montées sont dures, et surtout, faites-vous plaisir !